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C'est en Amérique Latine que se déroule Michiko et Hatchin, l'un des derniers animés de Manglobe qui a travaillé avec le studio Brésilien Caliente Latino. Le hasard fait parfois bien les choses : il semblerait qu'il s'agisse encore là d'une excellente série. Voici donc une petite review de l'animé concerné.
TITRE : Michiko To Hatchin
GENRE : Funky People
FORMAT : Anime
DATE : 2008 - 2009
STUDIO : Manglobe Inc.
RÉALISATEUR : Sayo Yamamoto
DURÉE : 22 EPS 25 Mins
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NOM : Michiko Malandro
ÂGE : 27 - 32 ans
SEIYU : Yōko Maki
Si elle n'en avait pas le physique, on jurerait que Michiko n'est pas une femme adulte. Bagarreuse et sur le qui-vive, elle fait preuve néanmoins d'un sang froid au moins aussi impressionnant que celui d'Hana dans les situations compromises. Elle éprouve très peu de tendresse pour son entourage étant donné sa vie difficile de prisonnière. Elle est amoureuse d'Hiroshi et aime tout particulièrement se parer de beau vêtements.
NOM : Hatchin Morenos
ÂGE : 10 ans
SEIYU : Suzuka Ōgo
À l'inverse de Michiko, Hatchin fait preuve d'une maturité rare pour son âge. Hana, petite par la taille, se construit en tant que véritable héroïne. Courageuse, intrépide et surtout très gentille, elle subit les ambitions des uns et des autres. La pauvre se fait exploiter sous tout les angles sans se démonter pour autant. Je reparlerais plus bas de ce personnage, ma foi, très intéressant.
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SYNOPSIS : Au départ, on assiste à un remake funky de Cendrillon, en version un peu plus hard et latino. Hana Morenos, orpheline et maltraitée par sa famille adoptive ne voit pas la lumière du jour. Elle est une source de revenus pour ses pseudo-parents qui se gardent bien de la tuer pour cette unique raison. Un jour où les enfants de la maison dépassent une fois de plus les bornes avec elle, une femme basanée, Michiko, fait irruption sur la table du salon en explosant la fenêtre avec sa moto. Se prétendant la mère d'Hana, la prisonnière en fuite l'embarque avec elle et s'enfuie à la recherche de Hiroshi Morenos, censé être son mari et le père d'Hana.
Dans un contexte qui prêt à la lassitude, sortir des sentiers battus est une promesse de succès, ou du moins, un gage de qualité vis à vis des passionés. Tant qu'a
parler d'originalité, les sujets inabordés en animation ne sont pas légion... Eh bien, Michiko e Hatchin nous transporte dans un univers latino et jazzy encore bien inconnu des studios
japonais. Bonne nouvelle donc, que de commencer un animé aux circonstances inexploités.
Rapidement, on en vient cependant à un genre narratif commun, avec grosso modo, un épisode équivaut à une histoire en suivant un fil rouge, type road movie. Dans un genre très proche, El Cazador de la Bruja raconte aussi le périple de deux jeunes filles qui poursuivent une
chimère sauf que le scénario est plus poussé dans Michiko to Hatchin. En effet, les personnages sont amenés à beaucoup évoluer au contact de l'autre. A l'instar de Nadie et
Ellis, Michiko et Hana deviennent très proches bien qu'elles se chamaillent sans discontinuer.
Du point de vue technique, l'animé souffre de son manque de moyen. Le style particulier m'a beaucoup plu mais demeure très inégale dans la qualité du dessin. Je
reprocherais aussi un manque de soin sur certaines phases animés. De plus, la série re-visite plusieurs fois les lois de la physique. Les gens sont tous de très mauvais tireurs, les héroïnes sont
aussi très douées pour s'accrocher à une corde, suspendue on ne sait où, et se balancer de droite à gauche en oubliant pas de sauver leur partenaire. Ce genre de sauvetages sont des situations ô
combien déjà-vues et navrantes. En outre, les incohérences se multiplient bien trop à mon goût. Je prendrais pour exemple les flics qui "entourent" une maison, en omettant la fenêtre de
derrière...
Il reste pourtant beaucoup de points positifs à ajouter du coté technique. Premièrement, les décors foisonnent de détails, chose qui est très rare. Deuxièmement, la musique tient toute son
intérêt du musicien brésilien Kassin qui l'a composée et propose des rythmes jamais vus dans un animé. Enfin, et non des moindres, il y a les personnages en eux-même qui ont la chance de
porter moult vêtements. Tout comme Ai Yazawa, l'auteur de Nana, a l'habitude de faire, chaque nouveau jour est une occasion pour faire porter de nouveau vêtements aux figurants.
Après un petite recherche, j'ai été à peine surpris en apprenant qu'un "designer fashion" a participé à l'élaboration de la série. Pouquoi ce désir d'habiller ses personnages comme des poupées ?
À réfléchir, en tout cas, je trouve ça plutôt agréable.
S'il y a bien quelque chose à garder de cette anime, je choisirais sans aucun doute le personnage qui me fait écrire ce paragraphe. A l'image de l'exception que je
fais ici sur la présentation des protagonistes, Hatchin est une fille qui mérite bien une petite réflexion. Son caractère contraste énormément avec son physique. D'une constitution
faiblarde et mignonne, elle agit pourtant comme une fillette ferme, mature et déterminée. Profondément attachante, elle s'attire immédiatement la sympathie du spectateur de par sa solidité face
aux coups dur de la vie. Maltraitée, exploitée et frappée en permanence, elle conserve malgré tout son honnêteté et son caractère profondément bon. Comme le montre sa réticence du contact
physique avec autrui, elle s'est constituée une bulle hermétique à l'extérieur, que seule Michiko et sa figure maternelle, a réussie à percer.
En outre, le comportement d'Hana s'avère être un modèle pour tous. Sa vie renvoie n'importe quel banlieusard en difficulté dans le monde des Bisounours. Sa détermination dénote d'une
grande force intérieur qui lui permet de s'accommoder dans toutes les situations les moins enviables. Pour elle, il ne fait nul doute que l'échec fait partie de la vie et que le meilleurs moyen
pour ne pas souffrir est de se battre et de travailler dur, non pas de se plaindre. Il est marquant de voir ce personnage, l'air de rien, à dix ans à peine, être en fait une héroïne au moins
aussi méritante que Koinzell d'Übel Blatt. En sommes, Hana Morenos est un protagoniste abouti et exemplaire dont l'attitude restera comme une référence dans ma mémoire.
Le publique visé se situe entre deux rives. La violence omniprésente reste en toile de font et s'édulcore largement sur la forme. Les sujets traités sont dur, très dur même. Cependant, les images restent soft, on évite la mort, le sang même si tout est suggéré. Bien plus fort que l'amour, l'argent et l'intérêt personnel prime en toute situation. Partout les gens sont cruels et se marchent sur le pieds tant qu'au final ils sont gagnant. Enfin, même si je ne devrais pas le dire, les agissements des uns et des autres ressemblent à des comportements humains, porté par l'égoïsme plus ou moins poussé.
Au final, cette anime n'a pas à rougir de son petit budget ni même de quoi que ce soit d'autre. Les défauts subsistent, certes, mais s'effacent derrière l'originalité du contexte et le traitement du scénario admirablement bien orchestré. On appréciera la fraîcheur du sujet dans la chaleur étouffante du Brésil. Un de ces animés qui laisse un souvenir intemporel et qui rappellent, par leur qualité, pourquoi tant de gens les apprécient. Encore un que je conseil chaleureusement, sans jeu de mot idiot.
Vidéos de Michiko e Hatchin :